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L'éco-conception des emballages est un enjeu majeur... Réunir les idées pour apporter de l'innovation, des comportements respectueux et surtout une démarche responsable de la part des industriels...

04 Feb

Après-midi de réflexion autour de la thématique de la gestion des déchets dans le secteur agroalimentaire

Publié par eco-conception-packaging

 

Epicuris-dechets-130128.JPG

Le Centre de Compétence Epicuris, IFP, Celabor et WagrALIM organisaient ce mardi 29 janvier une après-midi de réflexion autour de la thématique de la gestion des déchets dans le secteur agroalimentaire. L'intensité du contenu de la journée a été élaboré par un questionnaire préalable permettant aux organisateurs d'affiner le programme pour répondre aux mieux aux demandes des invités. Pas moins de 130 personnes ont répondu 'présent'.

La thématique est d'actualité et, concerné par l'éco-conception des emballage, l'intervention sur la « Gestion des déchets d’emballage de la conception à la fin de vie » de M. Sébastien Cajot de Célabor a retenu toute notre attention.

Aujourd’hui, les emballages sont devenus incontournables en permettant de conserver les aliments, transporter tous types de produits de manière sûre et d’offrir les informations pratiques nécessaires aux consommateurs. Malgré ces nombreuses fonctions, notre société produit beaucoup plus de déchets d’emballages qu’il y a 50 ans. Les grands défis actuels sont, d’une part de réduire la quantité de déchets d’emballage et, d’autre part, de valoriser ceux-ci par incinération, recyclage ou encore compostage grâce à l’émergence des nouveaux matériaux bio-sourcés.

Le premier graphique (voir ci-dessous) permet d’appréhender directement comment le choix d'un matériau d'emballage influera directement sur sa fin de vie. D'un matériau d'origine fossile, non biodégradable on se dirige vers de nouvelles molécules bio-sourcées et compostables sous certaines conditions. Et de citer :

  • les plastiques bio-sourcés naturels produits par des organismes vivants (ex. fermentation bactérienne de lipides, sucres  provenant de déchets d’agricultures, d’algues…) ou extraits de la biomasse comme le PHA (PolyHydroxyAlkanoate).

  • les plastiques bio-sourcés synthétiques issus de transformations chimiques de monomères d’origine renouvelable extraits de l’amidon (maïs/pomme de terre/betterave/canne à sucre...) tel le PLA (Acide polylactique) déjà produits en Belgique notamment par Total Petrochemicals en partenariat avec Galactic, un projet soutenu par le Plan marshall.

Celabor-materiaux-d-emballage-graphique-copie-1.JPG

Sébastien Cajot rappelle toutes les voies de l'éco-conception et cite quelques exemples les plus médiatisés, par exemple à base de PET bio-sourcés.

Bouteille-biosourcees.JPGMais une fois de plus, nous nous permettons de mettre un bémol sur ces exemples dont nous n'avons pas la certitude de la réalité de l'impact environnemental, notamment sur l'impact dû à la provenance réelle des composant provenant de la canne à sucre... du Brésil !

C'est d'ailleurs ces difficultés du calcul des ACV qui sont relevées et bien relativisées par Xavier Joppin, Conseiller scientifique de Célabor !

Sébastien Cajot termine son exposé par une synthèse fort intéressante pour comprendre toutes les contraintes et donc les difficultés actuelles de la norme EN 13432. Publiée en 2000, cette normeeuropéenne harmonisée définit et encadre les caractéristiques des emballages et produits valorisables par biodégradation et compostage pour qu'un emballage soit compostable. Le schéma méritait le long discours explicatif. On vous laisse juge :

Norme-13442-a.JPGNorme-14342-b.JPG
Bien d'autres intervention cet après-midi. Nous citerons celle de l'entreprise VANHEEDE spécialisée en le traitement des déchets etdes plastiques non recyclables notamment les plastiques multicouches dont certains emballages font partie. Dechets-recuperes-Van-Hede-copie-1.JPGAprès collecte, récupération, tri, broyage, compactage un nouveau combustible sous forme de granules complexes est proposé comme fuel alternatif particulièrement bien adapté pour la fabrication du ciment.

Les entreprises agricoles et agro-alimentaires ont aussi écouté attentivement les différentes possibilités de valorisation de leurs déchets explorées par les chercheurs de la société Wetlands Biosciences avec le soutien des divers centres de recherches régionaux. Car il existe de nombreuses familles de flux selon leur provenance (trub de brasserie, pâtes de fruits, boues fongiques, déchets lignocellulosiques...) nécessitant des traitements variés.

Nicolas De Hepcee, de SEDE présentait les spécificité et réglementations de la valorisation agricole des boues issues de l'industrie IAA en Wallonie, que ce soit directement dans l’alimentation animale ou par épandage ou encore après traitement aérobie ou anaérobie pour le compostage et la biométhanisation.

Nous citerons encore l'exposé scientifique Roland Cuvelier, Conseiller technique à CELABOR sur l’extraction de molécules1 à haute valeur ajoutée. L'objectif est de créer de la valeur, conférer une valeur au déchet, qui devient un co-produit, en lui attribuant une application ou un débouché avec gain économique par :

Valorisation pondérale/matière de valeur unitaire réduite (composés majeurs du co-produit):

  • protéines (alimentation animale)

  • fibres ligno-cellulosiques (matériau, énergie)

  • amidon (matériau, énergie)

  • matière organique (compostage,…)

Valorisation d’extraits à haute valeur ajoutée (composés mineurs du co-produit):

  • polyphénols, huiles essentielles, alcaloïdes, etc…

Pour les non-initiés, ces procédés permettent d'obtenir des molécules hyper-concentrées qui serviront pour la composition de compléments alimentaires, d'arômes, d'extraits divers comme la vigne rouge, d'huile oméga III, de biocides et d'agents antimicrobiens, d’allégations nutritionnelles et desanté. Autant de voies pour une chimie durable !

Projets de recherche soutenus par Wagralim et des entreprises wallonnes, de nouvelles technologies apparaissent laissant entrouvrir de nouvelles portes relevant les principaux défis techniques de l’innovation dans les domaines de l’extraction de composés à valeur ajoutée avec plus d'efficacité, une substitution de solvants toxiques, une réduction de l’énergie utilisée et l’adoucissement des conditions de traitement (durée, température, non oxydation…) pour ne pas dénaturer les extraits.

Les nouvelles méthodes explorées :

  • application des micro-ondes aux procédés d’extraction par entraînement à l’eau/vapeur et aux procédés d’extraction solide/liquide (solvants)

  • application des ultrasons aux procédés d’extraction solide/liquide (en milieu aqueux ou avec solvants organiques)

  • application des hautes pressions aux procédés d’extraction solide/liquide (solvants dont eau : eau subcritique)

  • application d’une alternative technologique sans solvant organique: l’extraction par CO2 supercritique

Une après-midi bien chargée et très intéressante...

Pascal Léonard, Ing

1Un clin d’œil à nos partenaires de l'ITEGA à Montréal...

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